"VITRIVAL EN PHOTOS"

DU HAUT DES CLOCHERS DE NOTRE ENTITE...

VITRIVAL

        Vitrival fait partie de l'entité de Fosses-la-Ville depuis la fameuse loi des fusions des communes du 1/1/1977.

        Le village se trouve à 21 kms de Namur, à 3 km de Fosses et de Le Roux, à 1,5 km d'Aisemont.

        Son terrain peu élevé - 171 m. d'altitude au seuil de l'église est entrecoupé de collines qui surplombent les vallées de ruisseaux qui sont des affluents de la Biesme qui forme la limite nord avec Fosses.

        Il y a le ruisseau de Djirau (du germanique Gerald [nom d'homme]). Il reçoit les eaux du Tréko qui prend sa source à Mettet et du Ry Enète; celui-ci est formé par le Ry de Les Dsiètes (cela vient sans doute de Deserte [désert], de déserter en ancien français = rendre désert ou de dessarter = défricher, essarter) et du Ry dèl Bouveriye qui prend sa source sous la Laide-Basse (Bouveriye est une variante de bovée = surface de terre qu'une paire de boeufs peut labourer en un jour); celui-ci est renforcé par le ruisselet du Pont du Coq qui fait limite ouest entre Fosses et Vitrival. Il y a le ruisseau de l'Aite Seri (l'ancien français l'aître et le wallon aite = cimetière; seri en a.f. = clair, limpide); c'est donc le ruisseau limpide venant du cimetière); il fait la limite est entre Le Roux et Vitrival et prend sa source dans les environs du cimetière de Le Roux.

HAMEAUX ET LIEUX-DITS.
        Tout autour du centre sont disséminés des hameaux et lieux-dits ne comportant parfois que quelques maisons.
Après-la-haut : wallon : Après là Wôt. - Du côté de dessus du village par opposition à "Après l'valéye".
Bas monts : Le long de la Biesmes comme à Aisemont.
Bois des Mazuys : Tout propriétaire Vitrivalois y avait droit d'usages forestiers !
Bôlia : Lieu planté de bouleaux; wallon bôle ou bôli.
Bruyère : Lieu planté de bruyères.
Campagne du Bois des Chanoines : Lieu essarté du Bois des Chanoines du Chapitre de Fosses.
Champia : Grand pré où la herde pouvait "tchampyi" (pâturer) sous la garde du herdier.
Chapelle aux rats : chemin conduisant à la Chapelle aux Rats de Le Roux, dédiée à Ste-gertrude (abbesse de Nivelles) qui était invoquée pour la protection contre les rongeurs.
Chêne à l'image : il exista, sans doute, une chapelle ou une potale placée sur un chêne.
Claminforge : Lieu-dit commun à Vitrival, Le Roux, Aisemont et Falisolle; vient de Clamens, Clémens = Clément = la forge de Clément.
Closière Mathot : le wallon closère = enclos, pièce clôturée + Mathot (nom de personne courant dans la région).
Giloterie : nom du propriétaire : Gilot augmenté du siffixe erie ou ière sous-entendant "maison" ou "demeure de gilot".
Justice : lieu-dit qui évoque la justice féodale.
Lèches : les lèches - peut-être comme Leiche à Fosses (leiche = pierre).
Li d'bout : le bout du village, vers la Laide-Basse.
Pierre à la Croix : cette croix rappelle qu'un nommé Gillain est tombé mort en cet endroit en poursuivant ses cochons échappés.
Pont du Coq : pont sur le mince filet d'eau, affluent du Ry dèl Bouveriye et appelé "coq".
Pré des Saucis : Les "saucis" sont des endroits plantés de saules.
Quartiers : tout Vitrivalois disposait dans les Quartiers d'une portion de bonne terre.
Rauhisse : du nom d'une ancienne coupe de bois.
Ruwale aus brous : partie inférieure de la rue des Quartiers qui auparavant était boueuse.
Spinète : terrain renfermant des buissons épineux, comme épinette, espinette, épinois.
Tiène Colot : nom diminutif d'un ancien Vitrivalois comme Colin.

D'OU VIENT LE NOM DE VITRIVAL ? - E Walon : Viètrivau.
        Maintes étymologies du toponyme ont été avancées allant de Victoriae Vallis (vallée de la victoire) à Vetere (vieille vallée) en passant par Vallum Victoriae (rempart de la victoire), vallée des Vitriens, Vitricum Vallis (vallée des lieuses d'osiers), via trivium (vallée des 3 chemin), ...
        Quelle est la bonne ?
               N'insistons pas et laissons les éthymologistes s'arranger entre eux.

LE BLASON POPULAIRE.
        On entend par "Blason Populaire", le sobriquet porté par les habitants d'un lieu. A Vitrival, c'est généralement Catulas ou Quatulas qui est employé.
        Diverses acceptations ont été avancées pour expliquer cette appellation : le pillard, le vagabond; le "qu'as-tu là?" d'un argousin ou d'un préposé à la barrière (octroi). Il semble que ce soit la première qui soit la bonne.
        Certains désignent les Vitrivalois par "Les Cousses", pour la raison que la plupart des habitants étaient généralement parents entre eux et qu'ils s'interpellaient par ces mots. D'autres, ceux des villages environnants les nomment "Les Zias" parce qu'à Vitrival on dit en wallon "zia" pour "eux" tandis que les autres disent "zèls".

AGRICULTURE ET BOIS.
        Vitrival est un paus agrivole. La ferme la plus importante qui existe encore est celle du Bois des Chanoines (défriché vers 1835).
        Avant 1830, il a existé la "Cense de la Spinette" qui appartenait aux de grady de la ferme du Châne à Fosses; elle disparut complètement au début du XXe siècle.
        Le lieu-dit Tchampias indique que la "herde" des petits censiers de la commune avait le droit d'y pâturer.
        Le toponyme "Les Dsiètes" signifie que des bois furent essartés pour être livrés à la culture.
        La forêt, qui a toujours joué un rôle important dans la vie des villageois, se trouvait essentiellement au sud de la commune. Il y a le "Bois des Chanoines du Chapitre de Fosses" avec les usages communautaires depuis le XIIIe s., champiage du bétail, glandée des porcs, bois de construction et de chauffage pour les habitants. Ce bois fut en partie défriché vers 1830.
        En 1829, la commune racheta à l'Etat (qui était devenu propriétaire des Biens Noirs) une partie du Bois des Chanoines; 200 bonniers soit 175 hactares formèrent me "Bois des Mazuys". L'histoire de ce bois est faite de contestations au sujet des droits d'usage qui y étaient rattachés.
        Les Mazuys étaient les habitants de Vitrival qui tenaient une manse ou mas (a.f. de maison) et ceux-ci, seuls, jouissaient des droits forestiers. En 1947, le privilège fut étendu à tous les foyers de la commune, seulement, au point de vue affouage, les autres droits sont tombés en désuétude : chaque maison recevait gratuitement un "djin", c'est-à-dire une portion d'affouage. Ajoutons que le fusion des communes remet en cause cette prérogative vieille de 7 siècle. Il fallut une intervention énergique des conseillers vitrivalois pour la maintenir en 1982.
        L'économie cillageoise fut souvent développée grâce à la forêt. Des aires de "faudes", c'est-à-dire les endroits où se fabriquait le charbon de bois nécessaire à l'alimentation des forges et des fourneaux, se remarquent encore dans les campagnes qui furent essartées près du bois.
        Une occupation hivernale a peu à peu disparu. Il s'agit de la confection de paniers.

LE SOUS-SOL.
La terre de nature argilo-sablonneuse recouvre des schistes et du grès. Une carrière de grès fut ouverte au Bois des Mazuys en 1924. Après des fortunes diverses, cette activité extractive cessa en 1938. Notons que de tout temps, on a extrait de ces pierres gréseuses et qu'elles ont servi de matériaux aux plus anciennes maisons du village. Pour honorer l'écrivain Olivier Degée, alias Jean Tousseul, qui fut ouvrier carrier, Vitrival donna son nom à l'une de ses rues. En 1976, le conseil communal s'opposa, lors de l'élaboration du plan de secteur, au classement en zône de prospection extractive des terrains de la Spinette où se trouve un banc de schiste. Signalons qu'entre le cimetière et Claminforge, au lieu-dit "les mines", on a extrait du minerais de fer. En 1938, les mines occupaient 5 sièges qui tirèrent pendant 25 ans, 1000 tonnes de minerais par an.

HISTOIRE.
Jusqu'à la révolution française, Vitrival était une des 6 mairies de Fosses et son histoire se confond donc avec celle de cette dernière. cependant, Vitrival avait sa seigneurerie particulière au point de vue de la justice. Les lieux-dits "A l'coû" et "A l'djustice" en sont un témoignage. Cette "Haute Cour" était composée d'un maïeur et d'échevins et était tributaire de la Cour Souveraine des Echevins de Liège.
C'est en 1797 qu'un arrêté de Directoire fit de Vitrival une commune indépendante. Et la circonscription fit sentir ses effets. Nous avons retrouvé quelques Vitrivalois qui servirent dans l'armée de Napoléon :
BIASOT jean-François
EUGENE Alexis-Joseph
GUILMAIN Charles-Joseph
JACQUET Gaspard-Joseph
MOREAU Jean-Joseph
MOREAU Charles
PARENT Jean-Joseph
Le 22 août 1914, Vitrival fut pratiquement évacué et le 23, il fut occupé par les allemands. Sept maisons furent incendiées. Un engagement des belligérants eut lieu à la Spinette et 27 soldats français furent inhumés au cimetière.
Lors des événements de mai 1940, il n'y eut que trois habitants légèrement endommagées. Lors de l'avance de Runsdtedt, une rafale de mitrailleuse allemande endommagea le toit de l'église alors que les Anglais cantonnaient à Vitrival.
El nous voici arrivés en 1977! Vitrival, la vieille mairie de Fosses, autonome depuis la bataille de Fleurus en 1797, est revenue dans le giron de son ancêtre pour former, peut-être contre son gré (sic), l'entité de Fosses-la-Ville.

L'ENSEIGNEMENT A VITRIVAL.
L'enseignement populaire se faisait dans le bâtiment attennant à l'église. Pour remplacer cette école, de nouveaux bâtiments furent construits en 1879 le long de la grand-route.
Les institeurs successifs furent :
1814 Mathieu Masson; 1830 Julien Prengy; 1835 Jean Dor; 1860 Hubert Guillaume; 1875 Gustave Lambert; 1894 René Wauthy; 1908 Antoine Jasselette; 1936 Raymond Masson; 1937 Marcel Henriet; actuellement Jacques Bouxin.
Les institutrices primaires furent :
1869 Marie Lauvaux; 1979 Marie Dauvin; 1894 Mme Wauthy; 1912 Marie Pêche; 1933 Marie-Louise Jasselette; actuellement Marie Demanet et Monique Pimpin.
Les institutrices gardiennes :
Ouverture Marie Pêche; 1908 Marie Jacques; 1945 Nelly Theys; actuellement Viciane Mancini et Julia Tounquet.

KOLKLORE.
La Marche Militaire :
Déjà, en 1700, des hommes portant des armes, escortèrent militairement le Prince-Evêque de Liège Clément de Bavière qui passait par Fosses. Au siècle dernier, on "marchait" à Vitrival tous les ans pour escorter la procession de la St-Pierre et on participait à la procession septennale de St-Feuillen. En 1881, la marche St-Pierre, à la suite de divisions intestines fut interrompue; elle se reconstitua en 1963. Depuis 1978, des marcheurs de Vitrival se rendent à Slavkov (Austerlitz) en Tchécoslovaquie afin de rendre hommage au monument de la paix qui commémore la bataille des Trois Empereurs qui eut lieu en 1805.
Le Grand Feu :
La tradition du Grand Feu subsiste à Vitrival. Le samedi suivant le mardi-gras, il est allumé au Tréko. La jeunesse de Vitrival qui l'organise distribue, avec le fruit de cette festivité, aux habitants âgés de plus de 75 ans, une bûche et un cougnou de Noël.
La Limodje :
La sortie de la Limodje s'effectuait jusqu'en 1960, le lundi de la grande kermesse fixée au 2e dimanche de septembre. Cette manifestation folklorique particulière à quelques villages circumvoisins est tombée en désuétude. C'était une tradition qu'il importait pourtant de conserver. Peut-être trouvera-t-il quelque ancien Quatula et quelques jeunes qui s'efforceront de raviver ce divertissement folklorique populaire. Nous l'espérons! La "marche" a bien ressuscité!
Les Catoulas :
C'était un groupe "cyclo-humoristique" formé en 1974 qui participa à la Laetare de Fosses. Que sont-ils devenus?

SPORTS.
Signalons :
L'Association Sportive Vitrivaloise.
La Pelote Jeunesse Vitrivaloise.
Le Football Club Vitrival.
Le Volley Club Féminin de Vitrival.
La Palette Vitrivaloise.
Le Cluc de Gymnastique Féminine de Vitrival.

TOURISME.
Le Val Tréko - camping-Caravaning.
Qui met en location des parcelles boisées de plus ou moins deux ares, avec eau courante, électricité, égoûts. 800 caravanes séparées par une zône neutre conséquente peuvent y trouver place.

BIBLIOGRAPHIE.
JOS NOEL : Divers articles dans "Courrier de Fosses" en 1948 et suivants.
ANDRE SPINEUX Histoire et folklore de Vitrival dans le "Messager" du 9/3 au 6/7/58.
MAURICE MOREAU et M.A. LIXON A la Découverte de Vitrival dans le progrès du 1/2 au 27/2/63.
ROGER DELCHAMBRE Divers articles dans Indépendance.
MARCEL NIHOUL VITRIVAL dans Connaître votre région dans le "Messager de Châtelet" du 20/12/1979.

Maurice CHAPELLE

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